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un regard gay sur tous les cinémas
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AZUL
--> Presque noir...

Ce film récent de Daniel Sanchez Averalo connaît un grand succès sur la péninsule ibérique.

Son titre espagnol complet est « azul oscuro caso negro ». Il est fait référence à un complet de marque convoité par le héros du film, costume qui est comme le marqueur d’une promotion sociale désirée et devenue presque inaccessible (l’ascenseur social est en panne). Les espagnols ont coutume de désigner par cette expression une couleur bleu nuit, presque noir, signe d’un désespoir presque complet mais non pas totalement pourtant. Cette expression désigne aussi une humeur fluctuante et incertaine.

J’ai beaucoup apprécié le symbolisme, discret il est vrai, de la vitre. Cette mince pellicule de verre constitue comme cet obstacle qui nous empêche de rejoindre l’objet de notre désir, comme une fatalité qu’il faut casser ainsi que tente de le faire Jorge en jetant une poubelle sur la vitrine. Quelle est donc la vitre qui nous sépare de nos rêves ?

Le regard gay se portera en particulier sur les massages un peu particuliers que vont finir un moment par recevoir le père et le fils. La question de l’homosexualité refoulée et déniée, celle du compromis indispensable parfois (l’homme marié qui avec l’accord de son épouse s’adresse au masseur), celle de l’ambiguïté d’une « amitié virile » sont traitées avec beaucoup de finesse.  

Réalisé non sans quelques maladresses, avec une fin « en queue de poisson », le film ne réussit pas toujours à convaincre mais parvient souvent à nous intéresser (le film a d’ailleurs obtenu trois Goya à Madrid, l’équivalent d’un de nos Césars). Il oscille entre farce et comédie. D’où peut-être cette impression mitigée qu’il laisse. Comme s’il faisait se succéder,  sans maîtriser le cours de la réalisation, situations abracadabrantesques, peu crédibles et échanges intéressants, profonds et originaux. On  salue les trouvailles et les moments instructifs : ainsi lorsque Jorge tente de maintenir ou de réveiller la conscience de son père en faisant appel à ses différents sens. Ou encore, cette candeur d’un frère très expressif et très vivant (excellent Antonio de la Torre) qui confie à son cadet la tâche de …rendre enceinte celle qu’il aime (mais à condition que cela n’aille pas plus loin).

Pour l’anecdote, « Azul » est également le nom d’un bar gay de Sitges, sur la Costa Dorada, à une quarantaine de kilomètres de Barcelone, très accueillant et chaleureux, que je recommande aux lecteurs de mnémociné. .

 

 

dominivi

AZUL (2006) de Daniel SANCHEZ AREVALO, avec Quim GUTIERREZ, Marta ETURA, Raùl AREVALO, Antonio de la TORRE, Héctor COLOME, Ana WAGENER, Roberto ENRIQUEZ, Eva PALLARES, Manuel MORON…

Ecrit par tyloo, le Samedi 31 Mars 2007, 23:36 dans la rubrique Actualités.


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